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Se masquer pour la vie ou contre la liberté?

par | 25 Juil 2020 | Bien-être et santé | 2 commentaires

Avec le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés, un débat fait rage au Québec et enflamme les convictions et les principes. L’opinion sur le port du masque est aussi controversée que l’indépendance du Québec, la politique et la religion. Sujet chaud, attention, pas touche! Mais le sujet me touche, m’émeut et m’interpelle au plus haut point. Alors au risque de me brûler, j’ai envie de te partager mon ressenti, t’expliquer ce qui vient me chercher et t’inviter peut-être à voir la controverse différemment.

Te convaincre à tout prix, non merci!

Si tu as lu ma page « À propos » et mon article « Comment la COVID‑19 me permet de respirer », tu sais déjà que je fais partie des personnes à risque. Et comme tu dois t’en douter, je porte le masque quand je sors de chez moi. Mais je vais mettre les choses au clair, je n’ai pas l’intention de te convaincre de le porter, seulement de te partager mon point de vue. J’ai lu les divers arguments d’un bord comme de l’autre, et tu sais quoi? Non seulement je n’ai aucune idée de qui a vraiment raison, mais ça n’a pas d’importance.

Je me suis tellement battue pour vivre

Dans les premières heures qui ont suivi ma naissance, les médecins ont clairement fait savoir à mes parents que je pourrais mourir. « Regardez-la bien, ça se pourrait que vous ne la revoyiez plus. » C’est la phrase qu’un médecin a prononcée à ma mère avant de me transférer de l’Hôpital Saint-Michel vers l’Hôpital Sainte-Justine, où j’ai passé le premier mois de ma vie. À toi le parent qui me lis, je te laisse imaginer le désarroi des miens.

Plus tard, à l’adolescence, un médecin que ma mère interrogeait à savoir si j’allais pouvoir avoir des enfants lui aurait répondu de ne pas s’inquiéter avec ça, car de toute façon, les menstruations allaient être trop difficiles pour moi et que je ne passerais pas au travers. Quel con! 🤦‍ ️Et tu sais quoi? Non seulement je suis passée au travers de plus de 30 ans de règles, mais je suis en train de vivre la préménopause avec ses infâmes bouffées de chaleur. 😉

Avec tous les combats que j’ai gagnés, les trois opérations à cœur ouvert que j’ai vécues, je trouverais ça tellement triste de mourir subitement à cause d’un virus.

À la recherche du miracle

Nous vivons dans une société de consommation où l’on recherche la facilité et les solutions miracles prêtes à être vendues, prêtes à être achetées. Mais le masque n’est pas une solution miracle. Rien ne nous garantit qu’en le portant, on est protégé. Combien de travailleurs du réseau de la santé le portent et se lavent les mains à en saigner, pour quand même être malades? La réalité, c’est qu’il n’y a pas de solution miracle. On est en guerre face à un ennemi inconnu, le coronavirus, pour lequel on ne sait à peu près rien de son armée. Face à cet inconnu invisible, il n’y a que des stratégies dont l’efficacité n’a pas été prouvée afin de le contrôler et tenter de le minimiser. Le lavage des mains, la distanciation sociale, le confinement, le port du masque, et éventuellement le vaccin, en font partie.

Pleine d’espoir, mais pas naïve

J’espère que les stratégies mises en place par notre armée, la santé publique, seront suffisantes pour nous protéger, moi et les autres personnes vulnérables. Mais je ne suis pas naïve. Ça fait plus d’un siècle que le cancer existe et aucune solution curatrice n’a été développée à part des traitements invasifs et destructeurs. Depuis des décennies, une partie de la population se fait vacciner contre la grippe (dont moi) sans aucune garantie de succès. Alors, pourquoi est-ce que ce serait différent pour ce virus? Je ne suis pas naïve, mais je suis les recommandations et les stratégies proposées, car je tiens à la vie, à ma vie.

Le droit à la vie ou le droit à la liberté?

Je vous cite un extrait de l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés : « Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ». Je peux me tromper, mais je crois que ce qui enflamme tellement notre société, c’est cet article de loi. Je dirais que c’est parce que, pour une partie de la société, le port du masque représente le droit à la vie et à la sécurité, tandis que pour l’autre partie, c’est le droit à la liberté qui est en jeu. Je désire t’inviter à réfléchir à ce que le port du masque représente pour toi (pour la vie ou contre la liberté?).

Je suis pour le droit à la vie

À cause de ma condition cardiaque, je n’ai pas eu tout le droit à la liberté que les autres ont. Je n’ai pas eu la liberté de choisir n’importe quel métier. Moi qui adore les romans policiers, j’aurais aimé devenir enquêtrice, mais c’était impossible. Moi qui adore l’histoire, j’aurais aimé faire des fouilles archéologiques, mais c’était impossible. J’aurais aimé faire du patinage artistique et gagner des médailles, mais c’était impossible. Ma cardiologue m’a toujours dit : « Tu peux tout faire, mais selon tes limites ». Malheureusement, mes limites n’ont jamais tellement rencontré celles des standards établis. Et je sais que je ne suis pas la seule.

Il y a des tonnes de gens qui sont de bonnes personnes, mais qui sont limitées, vulnérables ou plus fragiles au niveau de leur santé. Est-ce que ces personnes méritent de mourir pour laisser plus de place sur la planète? J’entends souvent ce discours peu élogieux et peu éthique sur la question et ça me donne des frissons. Quand on y pense, et si c’était notre parent, notre sœur, notre frère, notre meilleur ami, notre conjoint ou conjointe, notre enfant ou même nous qui avions les conditions de santé à risque pour succomber au virus, penserait-on toujours que le masque est un gros sacrifice à faire?

Récemment, j’ai lu un texte dont cet extrait m’a profondément bouleversée : « Alors il n’y a vraiment, vraiment pas de quoi s’inquiéter ni sacrifier la vie civile et économique de 99,9 % de la population pour moins de 0,1 %. »  Wow! Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens face à cette phrase. Je suis à la fois remplie de colère et de tristesse.

Il n’y a pas de quoi sacrifier la vie civile et économique pour 0,1 % de la population. Désolée, mais ça me reste pris dans la gorge. Non seulement je ne comprends pas en quoi le port du masque sacrifie la vie civile et économique, mais j’ai reçu ça comme si ma vie n’avait pas de valeur et que je n’y avais pas le droit. Je trouve injuste de quantifier la valeur d’une vie de la sorte, comme si les plus faibles devaient mourir de toute façon pour laisser la place aux autres. Est-ce que c’est éthique de penser comme ça?

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres

Comme je te l’ai dit au début, je ne cherche pas à te convaincre de porter le masque, mais je désire te sensibiliser à quel point certains propos peuvent être blessants! Non, je ne suis pas un mouton ni une suiveuse et je ne sais pas non plus s’il y a un complot mondial pour nous contrôler. Tout ce que je sais, c’est que face à un ennemi inconnu, dangereux, vicieux et mortel, je suis prête à mettre en place toutes les stratégies recommandées afin de vivre.

Il y a un proverbe qui dit « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », mais ces temps‑ci, je dirais plutôt que le droit à la vie des uns s’arrête là où commence la liberté des autres.

2 Commentaires

  1. Madeleine Lebel

    Wow! Tu écris bien et moi aussi je porte le masque et quand j’embarque dans ma voiture j’oublie de l’enlever tellement c’est rendu naturel et je suis maintenant habituée. Si des chirurgiens et des infirmières le porte pendant des 12 heures pour opérer, je pense que de mettre un masque pour le temps de faire l’épicerie il n’y a rien là. Et c’est aussi une question de respecter les autres.

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    • Chantal Hébert

      Merci Madeleine pour ton commmentaire.

      Réponse

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